Après quelques jours pour nous remettre de nos bobos… pendant que Delphine et Raphael visitent La Paz, nous prenons la route d’Oruro. Lorsque nous y arrivons, un cortège bat son plein, c’est la fête des écoles. Noan est aux anges, il y a des fanfares et de beaux costumes. Le vent glacial et très violent qui souffle donne du fil à retordre aux porteurs de drapeaux… La place centrale est bouclée. Nous mangeons puis retournons dans la ruelle ou est parqué le bus pour y passer la nuit. Aujourd’hui c’est Delphine qui a passé une mauvaise nuit et qui n’est pas bien, elle vomi. Nous prenons la piste en direction de Machacarmaca. Un suisse que François a rencontré à Oruro lui a dit qu’il y avait un musée de vieux trains qui venait d’être terminé. Nous nous y arrêtons. En fait il n’est pas tout à fait terminé, l’inauguration aura lieu dans quelques jours et les gens s’activent pour peindre et nettoyer toutes ses vieilles locomotives. Noan est aux anges, il peut monter sur ces magnifiques reliques, il se prend pour le conducteur… Delphine dort dans le bus. Nous prenons la piste en direction de Challapata. Nous arrivons en fin de journée. Nous faisons le plein de diesel et passons dans un café Internet, nous apprenons que La Paz est bloquée, nous sommes partis au bon moment ! Avant de quitter Challapata, nous fixons la jolie guirlande que nous avons confectionné et chantons l’hymne national, du moins le début car le reste des paroles est oublié. Nous quittons Challapata et empruntons une piste (qu’on nous avait dite très mauvaise à cause des « devios » déviations) en direction de Quilliacas. En effet c’est très vite mauvais, les « devios » sont mal indiqués et très mal tracés, ils veulent faire une route asphaltée, on voit plein de camions circuler un peu plus loin. On longe une superbe piste bien plane… mais impossible de la prendre. Nous passons dans des trous remplis de sable, genre montagnes russes, il y aussi des sections pur sable. Nous explosons le pare-choc arrière et du coup perdons la plaque ! C’est plus tard que nous nous en rendrons compte… nous traversons quelques rivières à guet ! La conduite est très sportive, parfois on n’y voit plus rien tant le sable fin recouvre le pare-brise, on doit mettre les essuies glaces. Raphael et Delphine sont tout de suite dans l’ambiance des vraies pistes… Lorsque nous parquons le bus à l’abri du vent dans un petit hameau perdu et hyper venté, nous constatons que l’arrière du bus est un vrai capharnaüm ! Les armoires se sont ouvertes et refermées sous les chocs, tout s’est répandu par terre. La salle de bain est en vrac… Les bouteilles d’huile et de vinaigre ont répandu leurs contenus par terre… les vestes de la penderie se sont toutes décrochées. La planche sur laquelle le tiroir de la penderie est posé s’est fendu, tellement les secousses ont été violentes ! Raphael visse le « bâton à tuer les truites » (seul bout de bois que nous avons) sous la planchette du tiroir pour la soutenir pendant que François revisse les phares arrière pour éviter qu’on les perde vu que le pare-choc a disparu… Ca lui donne vraiment un drôle d’arrière à Petit bus, il paraît tout nu… Nous reprenons la route et passons à côté d’un cratère de météorite très impressionnant ! Immense le trou, il est maintenant rempli d’eau… La piste est moins mauvaise, nous arrivons en fin de journée à Salinas Garci de Mendoza. Le coucher de soleil est splendide, récompense de la journée. Tout au fond nous distinguons le Salar d’Uyuni. Salinas est un tout petit village avec une jolie place plate sur laquelle nous nous parquons. Les enfants arrivent, ils sont curieux, Noan les invite à voir le bus puis ils partent jouer au foot, bien emmitouflés car il fait froid. Le lendemain, le bus a bien de la peine à démarrer, on devient presque habituer, une demi-heure a été nécessaire ce matin. Le problème n’est donc pas résolu… Nous prenons la piste pour Uyuni qu’on nous a indiqué. On nous a précisé de ne pas nous aventurer au milieu du Salar car on risque de s’embourber. Le problème c’est qu’il y a tout plein de pistes et ce n’est pas facile d’éviter le milieu du pré-Salar. Nous optons pour longer le superbe volcan Tunupa pour éviter le Salar. Nous arrivons dans un minuscule village. On se renseigne auprès des seuls habitants visibles, on nous indique une piste mais il y a de grosses pierres et on ne passe pas, François doit faire un marche arrière des plus délicates. On redescend sur le salar. On suit une des nombreuses pistes, il y a parfois d’immenses ornières, marques profondes des précipitations qu’il peut y avoir… Après quelques frayeurs, François suit des traces qui deviennent très, voir trop profondes et le bus se bloque. Nous sommes posés sur de la boue séchée ! Autour de nous il n’y a rien ! Il ne doit pas y avoir beaucoup de gens qui passent pas là, ce n’est pas le tracé touristique… François sort la pelle, Noan (ne se rend pas compte de notre situation précaire) et veut absolument peller. Nous pensons à gonfler nos amortisseurs, je propose de regonfler les pneus (nous dégonflons le tout pour avoir plus d’adhérence sur les pistes). Raphael pelle au milieu. On décide d’essayer, on retient tous notre souffle… ça passe juste juste… ! Ouf ! Je pars à pieds pour reconnaitre la piste. Il faut slalomer entre les traces profondes, il y a encore quelques flaques de boue. François s’en sort très bien et nous finissons par rejoindre un petit village sur le bord du salar. Nous demandons la direction pour Jiriri, comme indiqué sur notre carte, en fait c’est Jirira, voilà pourquoi les gens avaient de la peine à nous comprendre… A 10 minutes nous dit le paysan. La piste nous fait monter sur les contres forts du magnifique volcan Tunupa. Soudain nous arrivons au haut de la piste et nous sommes tous éblouis par l’intensité du Salar d’Uyuni ! Enfin nous y voilà, pas donné le Salar ! Un des paysages les plus émouvants du voyage, cette étendue blanche, immaculée, à perte de vue. Magnifique, on parque le bus on fait des photos, on s’extasie et on se félicite. Voilà un autre des objectifs du voyage atteint… le temps file, les objectifs aussi et le retour se rapproche. Nous descendons jusqu’à Jirira, enfin nous y voilà. Nous sommes à l’entrée du Salar d’Uyuni ! Nous entrons sur le Salar, à 3650 m d’altitude, cet immense désert de sel, le plus grand du monde, l’équivalent de deux départements français, soit 11500 kilomètres de pureté. Le sel prend des formes hexagonales. L’épaisseur de 40 centimètres alterne couches de sel et de glaise. Horizon à l’infini, d’une platitude parfaite. Une ligne si droite qu’elle laisse apercevoir la courbe de notre planète. On nous a dit de faire attention aux trous qui peuvent parfois être fatals pour les rotules de direction… on tente de suivre une piste, mais elle fini par disparaître. On s’arrête sur une petite ile. On monte au sommet, on est en extase devant ce cadeau de mère nature. Puis on reprend la piste jusqu’à l’Isla Pescado, l’approche des iles est dangereuse car la couche de sel est moins épaisse et on peut facilement se planter. On cale le bus derrière l’ile à l’abri du vent. On a entendu qu’il pouvait faire très très froid la nuit. Vers les 17 heures nous montons au sommet de l’ile. La vue est magnifique. Le soleil se couche lentement et l’ombre de l’ile se rallonge à l’infini. Les couleurs sont douces et les énormes cactus se découpent dans la lumière. C’est superbe et quelle tranquillité ! Nous descendons et soupons avec la réelle impression d’être seuls au monde ; puis, de nuit, nous marchons sur le salar pour observer la voie lactée et ses miles et une étoile qui brillent intensément. Le Salar d’Uyuni c’est vraiment une expérience unique. Le lendemain nous quittons l’Isla Pescado et allons jusqu’à l’Isla