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15ème épisode, Florianopolis – Caxias do Sul

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,Florianopolis 16.10.08 – Caxias do Sul  02.11.08

 

Nous passons une petite semaine dans le camping de Canavieiras malgré les caprices de la météo… beaucoup de pluie torrentielle qui ne durent pas qu'une heure comme dans certains endroits tropicaux mais la journée et la soirée entière sans discontinuer, le tout accompagné de violents orages… On profite de faire des siestes, de faire avec Noan son livre de bord, de dessiner et de jouer avec son petit circuit de voitures de courses. On se régale aussi de délicieuses glaces et on profite tout de même les petites journées sans pluie de la belle plage. On construit des châteaux en pensant à Tonton Benoît. Noan apprend à se laisser ramener sur le rivage par les vagues. Le mauvais temps revenant, nous décidons de faire le tour de l'île de Florianopolis. Nous longeons la côte en direction du nord. Les plages sont superbes mais pour la plus part très agitées, et oui c'est l'Atlantique… Il y a même eu une manche du championnat du Brésil de body-board sur une des plages. C'est la première fois qu'on voit autant de surfer. Nous continuons le tour de l'île et le finissons en revenant à Canasvieiras. Nous décidons d'aller découvrir la pointe nord-est ou les plages semblent plus calmes. Finalement nous nous arrêtons dans le petit village de pêcheur de Ponta das Canas en face d'une magnifique plage, il pleuvine et le sable est un peu brun.

Le temps se découvre enfin au fil des jours et nous profitons de la plage. Nous allons voir ce que ramènent les pêcheurs, congre, petit requin marteau, raie, tout est mis en cageot, pesé vendu et embarqué directement dans un camion frigorifique pour le marché de la ville de Florianopolis. Noan est fasciné de voir les acheteurs mettre des pellée de glace sur les cageots. Quelques personnes commencent à saluer timidement ces « Romains Michel » venus de prime à bord d'Argentine, puis en voyant nos plaques FR de France… Au fil du temps, nous faisons connaissance de gens précieux, Carla, Oscar et leurs deux enfants Geremias 3 ans et demie  et Lautaro 1 année et demie ; une famille d'artisan voyageur argentins installée ici depuis quelques années ; Leonel (argentin) et Marceline sa très sympathique femmes brésilienne née ici. Elle nous expliquera que les locaux sont bel et bien réservés comme nous l'avions remarqué, peut-être du au fait que ce sont des insulaires… Il y a aussi Séverine et Laurent qui n'en croient pas leurs yeux lorsqu'ils voient notre bus. Des plaques fribourgeoises et un autocollant Bantam d'Etagnière, de la plage on écoute leurs commentaires de « grande surprise » en souriant, ils nous ont bien reconnu… et on sympathise, ils attendent un bus VW qui va arriver avec Grimaldi à Buenos Aires dans environ une semaine, ils viennent de Lutry. Notre « Petit-bus » est devenu le point de rencontre et on partage tous les jours le « chimaroa » pour les brésiliens  ou le « maté » pour les argentins (bref, une boisson chaude à base d'herbes et d'eau chaude qu'on boit avec une sorte de paille métallique). Nous apprenons aussi la rivalité assez importante entre les brésiliens et les argentins, venue nous dit-on, du foot, Pelé et Maradona obligent, de l'origine du maté ou du chimaroa, ou de celle des gauchos… bref, plein de raisons qui poussent, selon nos observations, les brésiliens à critiquer sans merci les argentins… (qui sont pourtant une bonne partie de leur clientèle…). C'est vrai qu'à chaque fois qu'on aborde le problème du temps, et qu'on raconte que ça fait un mois qu'on est au Brésil et qu'il pleut, alors qu'on a passé 7 mois en Argentine et qu'on a eu qu'une semaine de pluie à El Chalten… les brésiliens mettent encore la faute sur l'Argentine, tout le mauvais vient toujours du Sud…

Carla et son adorable petite famille nous invitent un soir à manger et oh ! Bonheur à nous doucher et à laver le linge. Ils ont beaucoup voyagé et savent ce qui fait plaisir à des « nomades ». Ils habitent une maisonnette en bois bien petite. Le canapé est crevé et Noan est surpris par la simplicité ou la « pauvreté » comme il nous dit de l'endroit, mais tout est nickel et propre. Les enfants jouent et nous nous découvrons. Ils ont une trentaine d'années mais sont bien mûres pour leurs âges. Je pense que le voyage ouvre les yeux sur toute sorte de situations et que cela change notre perspective de la vie, nos priorités et nos regards sur l'autre. Nous avons grand plaisir à partager nos vécus et nos voyages et la soirée passe bien vite, les enfants sont endormis depuis déjà bien longtemps lorsque nous partons. Puis nous organisons une soirée crêpes au bus pour réunir toutes ces adorables personnes, Carla et famille, Leonel et Marceline, le couple de suisse et nous. L'ambiance est détendue, Marceline nous explique comment faire la Caipirinha, je suis les indications; les enfants profitent de la plage, et jouent avec les casques de nos amis suisses venus en scooter. Ca parle anglais, français, espagnole et brésilien… Nous empruntons les chaises manquantes à un resto-terrasse fermé, (et oui ce n'est pas encore la saison) situé à côté de notre place de « camping ». Nous sommes garés sous un lampadaire et quelques bougies donnent une note de fête, la fête des voyageurs. La mer est toute proche et sa musique nous accompagne en bruit de fond. La température est agréable et la lune se lève. Noan est couché depuis longtemps lorsque nos amis nous quittent, la mer et la plage ça fatiguent…

Nous sommes aussi invités chez Leonel et Marceline, ou nous passons une journée des plus sympathiques, ils nous dévoilent leur atelier de peinture. Après plus d'une semaine à « camper » dans cet endroit magique de par son panorama et ses rencontres, il est difficile de partir… mais finalement le moment des « au revoir » arrive. Nous quittons Ponta das Canas avec Leonel et Marceline qui veulent nous faire découvrir la ville de Florianopolis et des bains thermaux à une quinzaine de kilomètres de là. Le marché est magnifique et les crustacés et poissons intéressent beaucoup notre petit chérubin. Il souhaite goûter au jus de canne à sucre, typique au Brésil. Puis nous allons pique-niquer aux bains… En fait c'est un joli endroit au bord d'une rivière, quant aux bains thermaux, surprise ! Ce n'est pas Charmey les bains… cela se passe dans une petite maison à côté de la rivière dans des baignoires individuelles (si non, il faudrait ouvrir une maternité en face, nous explique Leonel…), on peut choisir le bain simple ou celui avec l'hydro-massage pour lequel nous optons avec Noan… papa l'entendra sicler et rire jusqu'à sa baignoire… Ha ! Les bulles c'est fun !!!

Nous décidons sur les recommandations de notre ami Leonel de ne pas longer la côte brésilienne et d'aller faire une incursion dans la région montagneuse pour voir des canyons. En passant par Caxias do Sol, nous nous souvenons qu'un de nos amis grimpeur argentin du début du voyage nous avait dit que ça grimpait dans la région… mais sans précision. Nous partons donc à la chasse aux informations. Nous passons à la municipalité de la ville, ils ne connaissent pas mais ils nous remettent un magnifique coffret rouge avec un DVD et un CD de la fête du raisin (le grand événement de la ville), un tapis de souris avec des danseurs gauchos et plein de feuillets touristiques. Ils ont appelé un gars qui a une agence d'activités aventure, mais il n'est disponible que ce soir à 17 heures… Nous nous décidons pour une autre option et allons dans un magasin de sport qui, après quelques coups de fils nous donne un papier avec les indications pour aller à la grotte de Notre Dame de Lourdes… Nous retournons à la municipalité, il est 17 heures. A peine sommes nous garés que les trois demoiselles de la municipalité arrivent avec Edouardo, le directeur de l'agence d'aventure « One Trip ». Nous bavardons avec lui, en effet il connait la grotte ou ça grimpe, mais il ne fait plus d'escalade car il a pris du poids, il est prêt à nous accompagner demain en fin de journée car demain matin il a rendez-vous pour un reportage sur l'aventure nature avec une chaine de télévision. Il nous propose de l'accompagner car le parc est très joli, puis il nous conduira à la grotte. OK, rendez-vous est pris pour… 7 heures 30 (et moi qui plaisantait avec 6 heures trente… !).

 

 Voilà ce que j'aime dans les voyages (non pas les réveils matinaux… mais), en cherchant des infos on se retrouve dans une histoire de fou ! On ne sait pas à quoi s'attendre, on sait juste qu'on va dans un parc ou Edouardo organise des activités aventures explique-t-on à Noan. Edouardo, dit Duda, vient nous chercher avec sa jeep décapotable bleue sur la place de la municipalité ou nous avons dormi. Il fait grand beau, qu'elle chance ! Nous le suivons jusqu'à un magnifique endroit situé à 10 kilomètres du centre ville. En route nous avons pris, Mikom le guide et Carole son amie. Ils nous laissent devant une buvette au milieu des vignes ou nous déjeunons (et partent discuter avec le propriétaire des vignes d'ou nous allons faire le rappel), ha ! un rappel, pourquoi pas… Arrive alors une voiture « Reportagem » UCSTV. L'équipe sort, deux demoiselles, un caméraman et le chauffeur préparent le matériel et commencent à filmer et à commenter. Ils nous abordent, nous leur expliquons qu'Edouardo va arriver… ils nous demandent si ils peuvent nous interroger et nous filmer, oui mais mon portugais est assez pauvre, ça ressemble plutôt à du portugnol, c'est sans importance me répond Viviane en me plaçant devant le micro pendant que Jefferson nous filme… « On va bien arriver à se comprendre » me dit-elle. Pas le temps d'avoir le trac, je raconte notre aventure en m'appliquant, vraiment pas facile de s'exprimer dans cette langue et devant une caméra de télévision de surcroit ! Puis Edouardo arrive. Nous nous équipons pour le rappel de 35 mètres pendant lequel nous allons longer une cascade et arriver de l'autre côté d'une rivière. Jefferson est en bas et filme, Noan descend avec papa. Au début il n'est pas trop rassuré car faire un rappel de 35 mètres sur l'eau ça fait bizarre, mais il s'est vite détendu ; puis je descends ; ça mouille beaucoup et on est aspergé de gouttes de boue, mais la vue en dessous est magnifique, je profite de faire des photos. En bas c'est un havre de paix et de tranquillité avec une petite plage de sable, une riche flore et une lumière magnifique. Viviane qui devait descendre n'a finalement pas le courage, c'est Carole l'assistante qu'on voit déboucher avec Mikko. Après le rappel, lorsqu'on parle de nous, on nous appelle la « failla aventura »… ça nous fait rire ! Nous remontons tous, allons déguster un délicieux repas de « gringos » à la buvette. Les gringos sont en fait ici les italiens colonisateurs de la région. Pâtes, galettes de polenta, salade et x sortes de viandes grillées présentées sur de longues piques, dont les fameux cœurs de poulet. Cette fois, je m'y prends trop tard pour refuser et voilà que trois petits cœurs grillés sont déposés dans mon assiette… je suis obligée de goûter, c'est pas mal, ça a la consistance du foie… mais on ne va pas en faire pour nos prochaines grillades ! Nous poursuivons notre journée par une balade écologique… L'équipe de tournage descend en jeep, Noan qui regarde avec envie est invité à monter, il n'y a plus de place pour nous, nous faisons la balade à pied. Nous nous retrouvons auprès d'une superbe rivière, Noan est tout fou, c'est du vrai 4 x 4, la jeep bute et dérape dans l'eau. Nous arrivons à une magnifique cascade cachée. A nouveau interview… quel bonheur de découvrir cet endroit magique et tranquille avec tant d'énergie, nous découvrons un nouveau visage du Brésil loin des plages. Nous remontons pour maintenant faire la tyrolienne du parc de passer 90 mètres. L'équipe est en place et s'est parti, le fils du patron de la buvette aide Noan à mettre son casque. Il fait le premier passage avec papa et est tout fou, il remonte et aimerait la refaire, on la fait ensemble et on salue les vaches en contrebas. Viviane a cette fois le courage de faire la tyrolienne et même le caméraman la fait avec une petite caméra en main. Puis place au mur de grimpe, la dernière activité proposée par son agence. François ouvre les feux sous la caméra de Jefferson.  Voilà, une dernière interview de la « familla adventura » et de Duda et l'équipe s'en va… il est passé cinq heures. Nous grimpons chacun à notre tour, puis plions le matériel, et partageons le « chimaron ». Qu'elle journée inattendue et formidable ! Il est trop tard pour aller à la grotte de grimpe, nous irons demain ! Nous remercions chaleureusement Edouardo pour cette journée mémorable et retournons dormir sur le parking municipal…

Le lendemain matin, nous avons faillit ne pas arriver à la grotte de « Nuestra Seniora de Lourdes », une montée assez raide sur une piste caillouteuse à donné du fil à retordre à « Petit-Bus »… mais papa a piloté comme un chef et la seconde tentative fût la bonne, ça a passé de justesse ! Le site est situé à coté d'une belle cascade. Quelques grimpeurs locaux arrivent, nous apprenons que c'est le SPOT du Brésil en matière de voies dures. Nous faisons quelques voies, c'est bien raide, voire très déversant. Après passé six mois d'inactivité on est bien rouillé et les avant-bras sifflent. François s'apprête à entamer une voie lorsqu'il aperçoit une immense tarentule tout près de la dégaine… ça nous rappelle un vieux souvenir avec Nini au Mexique ! Il prend son courage, ne la quitte pas des yeux et commence la voie… elle a du avoir peur de cet extra-terrestre car elle est partie se cacher… (ce qui est peut-être encore plus inquiétant…). Le soir il y a « churasqueria » à la buvette organisée pour les participants d'une course de VTT. Si on veut on peut manger avec eux, le serveur nous propose de nous doucher et il nous offrira à notre départ une jarre de deux litres de vin colonial italien (genre de jus de raison alcoolisé). Les gens sont vraiment adorables. Une soirée sympathique ou nous côtoyions l'élite cycliste du sud du Brésil tout en goutant au fameux défilé de viandes sur pique… l'organisateur de la course, un descendant allemand, vient discuter vers nous et nous offre à chacun un t-shirt de l'évènement. Date à marquer dans les anales, 2 novembre 08, Noan sait aller à bicyclette sans les petites roues ! Ha ! il est fier et les parents aussi !

Publiée le : 12.11.2008 à 07:11:21
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