18ème et dernier épisode Buenos Aires (Arg.) (25.11.08) – Bulle, Suisse (22.12.08)
Notre première nuit sur notre monstre de navire cargo (214 mètres de longueur et 32 mètres de largeur) s’est très bien passée. Nous observons qu’un bateau cargo n’est pas construit pour les enfants… aucunes barrières de sécurité. Si Noan se penche un peu et qu’il passe à l’eau, c’est fini. Nous avons hésité à lui mettre son baudrier d’escalade et à l’attacher avec une cordelette lorsque nous allons sur le pont ; finalement nous lui expliquons les dangers et lui interdisons de se rendre à l’extérieur sans l’un de nous. S’il désobéit nous serions obligés de l’attacher.
Sur le Grande Atlantico nous sommes 6 passagers, nous trois, une formidable femme anglaise de 84 ans, Elisabeth (une habituée des voyages en bateau, elle était venue en paquebot à Buenos Aires à l’âge de trois ans, puis était rentrée en Angleterre au début de la guerre à l’âge de 13 ans environ. Elle y est revenue à de nombreuses reprises depuis). Il y a aussi un journaliste italien, Marco, et une photographe italienne, Victoria. Ils sont là pour faire un article sur les immigrants italiens de l’époque. Nous partageons tous les repas ensemble; déjeuner entre 7h30 et 8h00, diner à 12h00 et souper à 18h00. Nous mangeons dans la même salle que le capitaine qui est suédois et les sous-officiers suédois et philippins. Le reste de l’équipage mange dans l’aile opposée. Anna, une suédoise de passé 1m90 est notre cuisinière. Noan sympathise vite avec tout ce petit monde. Les philippins aiment beaucoup les enfants et il sera leur « mascotte » jusqu’au bout de notre voyage nautique. Nous apprenons beaucoup à notre première halte : Paranagua (Brésil). Nous apprenons qu’à l’approche de chaque port, le second-officier (ils sont trois, William et Ernest, des philippins, puis Thomas un suédois. Ils effectuent à tour de rôle des quarts de 4 heures) doit hisser les pavillons suivants : 1 celui de la nationalité du port dans lequel nous arrivons, (brésilien pour ce coup-ci), 2 celui de la nationalité du navire : suédois, 3 celui de la compagnie : Grimaldi, 4 celui indiquant qu’on transporte des marchandises dangereuses (des citernes de gaz liquide) et un cinquième et dernier pavillon pour demander un pilote de la nationalité du pays ou on se trouve. Une fois que le pilote est à bord on change ce dernier pavillon pour confirmer que nous avons bien un pilote local sur le navire. A environ une heure de Paranagua, nous voyons donc arriver une petite navette orange « Pilots». Elle se place parallèlement à notre bateau, se règle à notre vitesse et le pilote passe de la petite embarcation à notre immense cargo en montant le long d’une échelle de corde… Périlleuse et passionnante opération que nous ne manquerons quasiment jamais. De nuit, comme à Rio de Janeiro, c’est le MUST ! Vraiment impressionnant. En fait le pilote donne les caps au gars qui tient un petit volant. Ce n’est pas le commandant qui pilote, il est bien entendu présent mais il ne prend les commandes que pour les amarrages aux ports. Pendant les trois jours que nous mettons pour atteindre Paranagua… (nous y étions passé en bus il y a quelques semaines), on a eu droit à un petit briefing sur la sécurité. Nous avons fait le tour du bateau en observant tous les différents insignes tels que sorties de secours, direction de la capitainerie ou nous devons tous foncer si nous entendons une des alarmes. Il y en a une pour le feu à bord, une pour un homme à la mer, etc. Noan et François essayent l’équipement à enfiler avant de monter dans le canot de sauvetage, un cylindre orange hermétique pouvant abriter 42 personnes, nous sommes 35… Il y a des pilules contre le mal de mer, mais de toute façons nous dit-on, tout le monde est malade et vomit ! On ne voit pas dehors… On nous apprend que ces engins ont fait plus de mort que de survivants….
Noan fête ses 5 ans le jour de notre première escale (Paranagua). Nous avions décoré la cabine le soir d’avant, ballons, affiches etc. En se réveillant il trouve trop gentil que la femme de ménage ait mis toutes ses décorations pour lui… Nous lui offrons une batterie (il en avait vu plusieurs et en réclamait une depuis au moins 3 mois), seul hic, nous n’avons pas pensé que le navire opérait 24 heures sur 24 et qu’il y a donc des gens qui dorment 24 heures sur 24 !!!. Bon elle n’est pas hyper bruyante, on la met dans la salle de fitness, car, hé oui, le navire est équipé afin que l’équipage garde la forme !!! Tapis de course à pieds, poids, espaliers etc. Nous lui offrons aussi un peu moins bruyant… une boîte de peinture et un Atlas en espagnol avec des autocollants pour visualiser ou nous étions, où nous sommes et où nous allons… Tout l’équipage est aux petits soins avec Noan, il est gâté et reçois, de beaucoup de philippins des petites attentions allant d’un t-shirt (un peu grand, mais il ne le quittera plus pendant 4 jours !!!) des friandises, des biscuits, tout ce qu’ils ont pu emporter pour rendre leurs traversée moins pénible. Faut dire qu’ils ont des contrats de six mois et qu’ils ne revoient pas leurs familles pendant tout ce temps… Seuls quelques mails et quelques coups de fil par satellites (hyper couteux) leurs permettent un contact avec les leurs. Il n’y a que quelques années, ils avaient des contrats d’une année ! Leurs enfants grandissaient d’une année sans voir leur papa, c’est vraiment difficile et douloureux. Bref ils ont tous été charmés par Noan, particulièrement Ernest le deuxième officier.
La chance que nous avons eue pour cette croisière de quasiment un mois est que le capitaine (qui ne porte pas l’uniforme, comme d’ailleurs aucun des marins) accepte que nous passions du temps dans le poste de pilotage. Les capitaines Italiens sont très strictes, ils interdisent l’accès au quartier général ce qui rend la traversée beaucoup moins intéressante. Pendant les manœuvres nous devions évidemment rester discrets et silencieux et ne pas se placer à côté de lui. Nous avons fait halte à Santos le plus grand port d’Amérique du Sud. Très impressionnant de voir cette immense fourmilière. Nous chargeons 12 trax, des voitures par millier et une quantité de containers. La valse des grues et des engins portuaires nous fascine. De nuit il en découle une ambiance surréaliste. Dans le port de Santos, le capitaine fait faire un 360 à notre immense navire, nous sommes vraiment impressionnés par cette manœuvre. D’habitude ce sont deux remorqueurs hyper puissants qui nous tirent hors du port, là, le capitaine a fait la manœuvre sans aide. En questionnant, nous apprenons que nous avons des moteurs latéraux qui nous permettent d’effectuer cette gigantesque manœuvre.
De Santos à Rio de Janeiro, nous avons réduit notre vitesse de pointe de 30 kilomètres heures à 20 kilomètres heure car nous avons des problèmes avec un des pistons, nous apprend Ernest. Nous avons visité la salle des machines, il y a sept pistons de 60 centimètres de diamètre ! plus un de rechange. Le bruit est infernal et la température encore plus élevée que dans un sauna ! L’arrivée à Rio de Janeiro est impressionnante. Corcovado, le Pain de Sucre, la fameuse plage de Copacabana… mais pas de place au port, nous ancrons dans la baie face à Copacabana, nous attendons toute une journée et la moitié de la nuit pour obtenir une place. Ce sont les autorités portuaires qui acceptent ou refusent que les passagers aient à terre. A chaque arrêt nous devons remettre nos passeports au capitaine. Il prépare un tas de paperasse. Nous devons lui indiquer si nous souhaitons aller à terre. Puis nous attendons ; parfois jusqu’à une heure pour qu’il obtienne l’aval des autorités. A ce moment on nous rend nos passeports et on peut y aller. On nous donne une heure de retour et c’est tout.
Dans les ports il y aucune indication concernant le chemin à prendre pour sortir de là ! Faut dire qu’il n’y pas beaucoup de touristes… mais c’est vraiment immense ! Dans certains ports il y a des autocars pour véhiculer les employés tellement c’est grand. Il faut donc se renseigner à plusieurs reprises pour atteindre la sortie ou tomber sur une personne compatissante qui nous guide. Il ne faut pas oublier de bien prendre note de notre place dans le port ainsi que de la porte de sortie par laquelle on est passé afin d’éviter les embrouilles au retour. A part Dakar, les ports sont très sécurisés et on ne peut pas entrer ou sortir facilement, contrôle des passeports, du navire etc. Rio nous fascine, en une journée nous ne pouvons pas visiter le Pain de Sucre et le Corcovado qui sont situés à l’opposé. Nous choisissons le Pain de Sucre. La vue y est splendide, puis nous allons nous tremper les pieds dans la mer, admirer les légendaires mosaïques et l’heure de retourner au bateau est déjà là. Au port le chargement de notre navire continue. Nous pouvons transporter 3500 voitures ! Elles sont parquées sur des immenses places. Elles passent un check point qui vérifie à l’aide de miroirs qu’elles sont intactes, puis par groupe de 10 elles entrent dans le ventre du navire. Un mini bus ramène les chauffeurs qui se mettent au volant des voitures suivantes etc. etc. etc.… Il y a des WV, des Chrysler. En fait nous apprenons que les pièces détachées sont envoyées au Brésil, qu’elles sont assemblées ici et qu’elles repartent ensuite pour l’Europe ! Ceux qui achètent européen pour protéger notre économie seront aussi surpris que nous d’apprendre cette manière de faire ! Le bateau se remplit au fil des heures. C’est du non-stop. Sur le pont illuminé nous admirons la valse des grues qui transportent les containers. Avec le vent qui s’est levé, la tâche de les placer à des endroits précis n’est pas simple. Petit Bus est parqué au 3ème étage, (nous passons souvent le voir, il est bien seul dit Noan et il doit s’ennuyer…) lorsque nous montons à notre cabine, nous pressons le bouton du 12ème étage… Il faut bien ça pour stocker 3500 voitures, des containers et des trax !
L’immense porte basculante (propre aux navires dit RORO qui transporte des véhicules) met une demi-heure pour se fermer et la même chose pour s’ouvrir. Une fois, elle était fermée lorsque que quelqu’un à remarqué qu’on avait oublié un de nos camions « transporteur de containers » sur le quai… Aie aie aie, la bordée qu’à du prendre le responsable. Une heure de retard ! Le pilote local qui est là pour donner les caps s’impatiente. Une navette vient le récupérer à environ une heure du port pour le ramener à terre. Le piston a été réparé nous apprend-on. Nous remontons la côte brésilienne jusqu’à Recife ; doucement nous nous éloignons du continent sud américain, cap à l’est !
C’est parti pour la traversée de l’Atlantique. Il n’y a pas de médecin à bord, seulement un contact radio avec un médecin suédois s’il arrive quoi que ce soit… Six jours de traversée, nous sommes trop éloignés des côtes pour qu’un hélicoptère puisse nous rejoindre. Nous voilà bien seul au milieu des eaux ! Une des choses qui nous attire énormément et qui nous passionne même, ce sont les cartes. Il y a une grande table à carte illuminée sur laquelle est posée une des centaines de cartes utilisée. Un point très lumineux représente notre position. Il se déplace tout doucement. Traverser l’océan Atlantique à 30 kilomètres à l’heure. Une folie pensent certains, mais elle nous permet de continuer notre Aventure alors que nous la pensions terminée, de découvrir un nouvel univers passionnant, elle nous permet surtout de prendre le temps de digérer tout ce que nous avons vu, tout ce que nous avons vécu et partagé. Le décalage horaire se fait en douceur, une heure chaque semaine. Chaque soir lorsque Noan dort (il a tout de même pu le faire quelques fois avec nous), nous montons dans le poste de pilotage. L’ambiance totalement surréaliste qui règne de nuit au cœur du navire est magique ! On n’y voit rien, c’est l’obscurité totale à part quelques petits témoins lumineux provenant des GPS et des radars. Même la table à carte est parfois éteinte. Seules des voix par-ci par-là nous souhaitent la bienvenue (nous les reconnaissons avec le temps car les quarts sont toujours pareils). Il y a souvent de la musique douce que les philippins (qui sont les rois du karaoké) accompagnent de leurs belles voix. Il y a le deuxième officier Ernest et le marin observateur « watchman » qui scrute les alentours sans relâche. C’est vraiment magique. Un océan d’encre nous entoure. Parfois un tout petit point au loin, un navire qui est tout de suite identifié par un ordinateur qui affiche sa « carte d’identité », nom, nationalité, type de cargo, (tanker, roro etc.) port de départ, port de destination, poids, longueur, largeur etc. Une paix étrange règne dans ce lieu. C’est devenu un rituel d’y passer un moment chaque soir. Puis nous allons voir un DVD, trier nos 11000 photos ou lire dans le salon commun. Pas de radio, pas de TV pas de journaux au milieu de l’Atlantique ! Aucunes nouvelles du monde si ce n’est les bulletins météo…
Nous nous approchons de la ligne de l’Equateur. Nous apprenons que c’est la fiesta ! Les personnes qui passent cette ligne virtuelle pour la première fois ont droit à un baptême et un gage… le capitaine l’avait passée à l’âge de 18 ans il avait eu le crâne rasé. Les philippins, pour leur grand bonheur prépare la nourriture. Grillades sur le pont. C’est l’endroit de toute la traversée ou il y a le moins de vent. Des tonneaux sciés en deux servent de barbecue. Un banquet est installé. Nous sommes conviés pour un apéro sur le pont. Neptune et un de ses collaborateurs sont là pour nous baptiser. On nous offre une boisson infecte, vinaigre poivre, citron, vin etc. qu’on doit avaler. Puis un « docteur maboul » nous ausculte et finalement c’est à genoux que nous sommes baptisés sous les fourches en carton de Neptune et son acolyte. Nous recevons chacun un certificat avec nos noms de poisson, Noan c’est poisson clown, François raie (à cause de sa longue tresse) et moi thon… allez savoir pourquoi… Le capitaine demande à tous les baptisés (il y a aussi des matelots) de se placer en groupe pour une photo, on attend, et soudain on est aspergé d’eau avec la lance à incendie que tient le capitaine depuis un pont supérieur ! Il fait chaud et tout le monde rigole ! L’ambiance est festive. Chacun fait ses grillades. Puis on mange sur des tables à l’extérieur. Noan a disparu… il est avec ses amis philippins dans leur salon aménagé en salle de karaoké. Il danse et saute toute la soirée, il a des dons cachés et tout le monde rit de le voire faire. Il est excité comme une puce ! Le micro passe de main en main, ils sont vraiment fort ces philippins ! Nous on se gêne un peu trop je fais une timide tentative avec « I am sailing » de Rod Stewart mais incomparable à leur top niveau.
C’est ainsi qu’on se rapproche de l’Afrique. Nous arrivons à Dakar. Les gens sont couchés, d’autres pries, ils sont en jelabas. L’ambiance n’est pas au stress… Pas de grue au port, tout le matériel utilisé pour charger et déchargé le navire est le celui du cargo. La valse des containers recommence. Ils sont tous ouverts et vérifiés à la lampe de poche pour voir si un clandestin se serait glissé à l’intérieur. Le port est grand ouvert à tout le monde, c’est pour cette raison que le bateau est bouclé. Nous voyions repartir, comme au brésil d’ailleurs, les autorités portuaires chargées de « cadeaux »… Nous avons le droit d’aller à terre, nous partons visiter une jolie petite île en face du port. Le lendemain nous allons visiter le lac rose. Les locaux en extraient du sel. Ils s’enduisent de beurre de karité pour se protéger de l’agression du sel contenue dans ces eaux rouges. Il y a deux lacs rouges au monde nous dit-on, nous avons eu la chance de les voir les deux, celui de Bolivie, la laguna Colorada et celui-ci. C’est vraiment impressionnant. Puis, nous reprenons les flots. Nous appréhendons, comme l’équipage d’ailleurs, le passage du Finistère réputé pour ces vent violents en hiver, finalement c’est en face du Maroc que la mer devient de plus en plus grosse. Des vagues d’environ 8 mètres. Notre monstre de cargo monte, monte, monte, et hop on plonge dans le creux de la vague… Les containers placés sur l’avant du navire semblent bien arrimés. On nous a raconté qu’ils en perdent parfois tant les vagues sont gigantesques, elles les frappent de plein fouet, les chaines cassent et ils sont jetés par-dessus bord, c’est ainsi qu’il faut être très vigilant après une tempête car des dizaines de containers, de stères de bois ou de voitures flottent dangereusement…
Deux jours de ce gros temps, nous n’avons pas été malades mais il n’aurait pas fallut que ça dure ! En fait nous avions prévu des pilules contre le mal de mer mais il faut les prendre avant les premiers symptômes et elles ne durent que 8 heures. Nous avons décidé de ne pas les prendre. Noan était vraiment au top, aucun soucis pour lui, il trouvait marrant d’observer la proue du navire plonger dans les flots et remonter. Pour nous, il ne faut pas qu’on reste trop de temps sans voir l’horizon… les couloirs et notre cabine sans fenêtres sont les ennemis du moment. Faut dire qu’avec toutes nos tonnes les mouvements sont lents. Les bordures des tables sont relevées et manger n’est pas chose aisée. La nuit les lits n’étaient pas bien orientés par rapport à la grosse houle, on s’est fait bien secoués mais personne n’est tombé. Nous apprenons que même les marins ont le mal de mer… Comme elle est venue, la tempête se calme petit à petit. Les bulletins météos pour le Cap du Finistère annonçaient une tempête avec de violents vents et des vagues de passé 11 mètres, heureusement elle est partie plus au nord et nous auront un temps clément.
La remontée se fait gentiment, à la vitesse des 6 pistons au lieu des 7… on en a bien un de rechange mais il faudrait arrêter et ancrer le navire pour le changer, on perdrait trop de temps. Notre vitesse est donc de 20 kilomètres heures. Nous remontons la manche, le légendaire brouillard est au rendez-vous. Les températures sont plus que fraîches et la nuit tombe à seize heures, « Welcome to Europe »… Nous observons des plates-formes pétrolières et soudain des champs d’éoliennes plantés dans la mer. Le capitaine nous apprend que nous pouvons quitter le navire quand bon nous semble. Aller jusqu’à Hambourg en bateau nous ferait perdre 2 à 3 jours à cause des opérations cargo. Nous décidons de quitter nos amis le 20 décembre à Brême. Le temps est maussade, il pleut, l’ambiance est morose, l’équipage est triste de nous voir partir, surtout Noan, leur petit rayon de soleil, mais c’est ainsi que va la vie… Ernest va faire encore trois rotations sans voir sa famille, il rentrera aux Philippines au mois de mars ! Nous faisons les dernières photos. Petit-Bus démarre au premier coup. Nous avions quitté Buenos Aires le 25 novembre et nous arrivons à Brême le 20 décembre. Petit contrôle douanier à la sortie du port et nous voilà sur de belles autoroutes avec tout plein de beaux panneaux. En route pour Hambourg ou nous allons récupérer les vraies plaques du bus chez mon amie Corinna. On n’y croit pas tous ses panneaux et ce beau bitume sans trous… on est tout euphoriques ! Petit-Bus ronronne de plaisir ! Nous traversons l’Allemagne.
Noan a eu son doudou pendant tout le voyage ! Il a bien faillit le perdre quelquefois… Voilà qu’il le prend sans que nous nous en apercevions sur un air d’autoroute. 300 kilomètres plus loin nous nous rendons compte de l’affreuse nouvelle… il l’a oubliée aux toilettes ! Elle est bien grenouille au restauroute, elle est au chaud, et elle aura à manger et à boire ! Quel chagrin ! Finalement il prend la cousine de grenouille qui est encore son doudou aujourd’hui… il nous parle encore parfois de la « vraie » grenouille.
Nous nous arrêtons au marché de Noel de Colmar, nous ne sommes pas presser de rentrer… Nous passons la frontière France- Suisse avec une certaine émotion. Pas de vignette ? non pas de vignette… on la paie sans marchander… et nous voilà de retour en Suisse ! On oublie de prendre une photo.
Séquence mitigée entre joie et tristesse. Quelle Aventure ! Quelle expérience ! Quelle chance ! Un voyage de plus d’une année en Amérique du Sud, sans vols, sans agressions, sans accidents, sans grosses casses mécaniques et physiques, LE REVE ! Pas toujours facile il est vrai de vivre 24 heures sur 24 ensemble, on a appris à s’apprivoiser dans ce contexte extraordinaire. Tout ce que nous avons partagé, tout ce que nous avons découvert, tout ce que nous avons vu, appris et vécu. Tout ce que nous avons peut-être pu transmettre à Noan ; (l’avenir nous le dira…) ces valeurs différentes, authentiques et précieuses que nous enseigne le voyage. La vie est aussi belle toute simple, avec un minimum d’eau, de biens, de jouet, d’espace et d’habit. C’est certain que le mot « liberté » a pris pour nous une nouvelle dimension. Mais pourquoi un voyage ? pour partager des moments extraordinaires en famille et prendre le temps de vivre avec notre enfant. Pour découvrir les richesses naturelles, culturelles et sociales de notre planète. Les fils conducteurs ont été d’observer et découvrir la faune et la flore de notre Terre. Créer une ouverture sociale avec les enfants que nous avons rencontrés et faciliter l’échange culturel par le biais du jeu. En tout cas ça valait vraiment la peine ! Ce vécu est à nous, il est au fond de nos cœurs et de nos têtes, rien ni personne ne pourra jamais nous l’enlever. Les magnifiques rencontres qui ont ponctués notre aventure sont gravés dans nos cœurs. Toutes ses réflexions sont accompagnées d’un splendide coucher de soleil, nous l’interprétons comme un signe de bienvenue.
Mon frère Alain nous donne rendez-vous à la maison pour nous prêter une voiture. En fait, derrière cette excuse se cache une fête surprise organisée par Coco. Une trentaine de personnes sont là pour nous accueillir, on n’en revient pas ! C’est fantastique ! On est sous le choc, émus mais tellement heureux de revoir tous nos précieux amis et notre famille. Il y a même un sapin de Noel ! Les pauvres qui attendaient depuis plus de deux heures, et nous qui prenions le temps… MERCI à toutes et à tous et un MERCI tout spécial à Coco pour son audace et sa persévérance. Beaucoup on tenté de le découragé à cause de notre date de retour qui ne cessait de prendre du retard, mais il y a cru et la fête était vraiment belle, haute en émotion et en couleur ! Voilà, notre voyage en Amérique du Sud a commencé le 13 novembre 07 et il a fini le 22 décembre 09 ! La maison est telle que nous l’avions laissée, les locataires en ont pris soin. Tout le monde est partis, Noan dort paisiblement dans son lit. Sitôt arrivé il a disparu dans sa chambre à la découverte de ses jouets, puis on l’a retrouvé dans la neige à jouer avec son tracteur… Nous on est seuls assis devant nos verres de vin rouge à se demande si on est vraiment parti…
Voilà la boucle est bouclée, MERCI de nous avoir suivis et de nous avoir lu… A bientôt pour une soirée photos dans le jardin de la Belle-Luce 5…