En un mois, nous avons appris à apprécier la ville de Bariloche et ses environs. Nous avons grimpé dans la Valle Encantado, un magnifique endroit de falaises volcaniques rouges. Pour nous y rendre, nous devions chaque jour traverser une large rivière. Quelle joie pour Noan, équipé de son gilet de sauvetage, de s’asseoir à l’avant du joli canot jaune que Carine nous a gentiment prêté afin de se rendre de l’autre côté de la Limay. Sacs de montagne, corde plus nous trois, il fallait naviguer avec adresse surtout lorsque les rafales de vent sévissaient soudainement… Heureusement tout s’est bien passé. C’est aussi là que nous avons teint et caché les oeufs de Pâques. Nous nous sommes fait de nombreux amis dans la région ce qui a sans aucun doute augmenté notre estime pour cette jolie région. Début avril, François s’est envolé pour la Suisse pour deux semaines. Avec Noan, nous avons repris la route en direction du Chili. En arrivant au parc du volcan Lanin, quelle ne fût pas notre surprise d’être accueilli par… la neige ! Nos pneus supers usés par les pistes nous ont pausé quelques petits problèmes d’adhérences… résolus heureusement grâce aux bras musclés d’une sympathique équipe de pêcheurs de Cordoba. Noan était tout fou de pouvoir faire des bonhommes de neige ! Après deux jours au pied du volcan, nous avons poursuivi notre route en passant par Pucon puis Villarica mais la météo fût capricieuse… et la pluie nous fit avancer. Nous avons poursuivi en trouvant sur notre route des bains thermaux plus que bien venus !! Une vraie aubaine ! En retraversant la frontière sur l’Argentine par le col de Pino Hachado, nous avons pu observer des formations de roche volcanique exceptionnelles. Les troupeaux de chèvres redescendent en plaine pour l’hiver accompagnés de leurs gauchos et gauchas, attention donc à ces dangereuses surprises sur les routes… Nous nous arrêtons à Las Lajas. Nahuel, un ami de Bariloche m’avait recommandé de me renseigner ici sur l’état de la route 40 pour remonter au nord. Noan se fait rapidement une bande de copains adorables, le ballon de foot est le meilleur déclencheur… je sympathise avec la maman, Betty et la grand-maman, Yvonne. Le lendemain nous allons chercher les enfants à la sortie de l’école. Betty qui a travaillé comme masseuse au centre thermal de Copahue (qui se situe à 130 km de Las Lajas, au pied du volcan du même nom) me recommande vivement d’y aller. Je leur propose de venir avec nous, on a la place c’est donc à neuf que nous prenons la route : Betty, ses trois enfants, Yvonne, ses deux petits enfants, Noan et moi. Quelle aventure magnifique ! Avec Noan on choisi un bain aux algues, la couleur de l’eau ne l’encourage pas à se baigner mais, il se décide tout de même… puis on opte pour un bain de boue, genre fango ou on doit préalablement s’enduire le corps de boue ! Nous soupons tous au resto sur la route du retour, c’est la fête pour toute l’équipe ! Finalement nous avons passé trois jours merveilleux dans ce petit village. La remontée vers Mendoza pour aller chercher François et maman s’est faite assez rapidement. Le 23 avril nous piaffons à l’aéroport… l’avion se vide mais pas de François ni de maman ! Noan est tout triste avec son bouquet de feuilles mortes, et oui ici c’est l’automne. Finalement ils arrivent avec le vol suivant. Les retrouvailles sont pleines d’émotions. Après quelques jours de repos pour tous, (avec Noan on a fait tout de même passé 2500 km…) nous décidons d’aller dans la région de l’Aconcagua en passant par Villaviciencio. En chemin nous visitons la mine de Paramillos. Son exploration demande un rappel de 20 mètres dans un gouffre. Noan le fait avec son papa et maman toute seule sans peurs apparentes… à 70 ans faire son premier rappel, chapeau ! Cette mine date du temps des espagnols, elle a été creusée dans les années 1616. Le guide nous montre les veines qu’ils suivaient en creusant des galeries verticales et horizontales séparées de trois mètres, en tout il y a 95 kilomètres de galerie ! Incroyable. Il y avait de l’argent, du zinc et du plomb. En 1985 ils ont stoppé l’exploitation. On est descendus à plus de 250 mètres sous terre. Nous continuons en direction de L’Aconcagua, nous pouvons observer sa majestueuse face sud ; le toit des Amériques avec ses 6960 mètres… Nous poursuivons par la découverte d’une superbe arche de sel partiellement artificielle, considérée comme une des merveilles naturelle du pays. Il y a des siècles les Incas se sont aperçus que l’eau chargée de souffre et de sel produisait un sédiment. Ils l’ont donc canalisé pour former ce pont de sel aux dimensions étonnantes, qui surplombe le rio Mendoza d’une vingtaine de mètres. Puis retour vers Mendoza avec une halte aux bains thermaux de Cacheuta (et oui, on y a pris goût…). A Mendoza, François souffle ses bougies… puis nous partons au sud vers Tunuyan. Non loin de cette jolie bourgade se trouve le site d’escalade de Los Arenales. La vallée est magnifique, les parois de roches granitiques rouges, jaunes et vertes lui donnent un superbe aspect. Au fond coule une petite rivière. Nous profitons de la présence de maman pour faire quelques magnifiques longues voies. La météo se gâtant, nous reprenons la direction de Mendoza. Dégustations de vins et de dulce (confitures), repos, farniente. Puis nous prenons la route en direction de Salta. Nous roulons à travers des paysages très désertiques. En route nous visitons les fantastiques parcs de la Vallee de la Luna (ou Ishigualasto) et celui de Talampaya. Nous poursuivons par la magnifique et vertigineuse route de la Cuesta de Miranda. A Chilecito, nous trouvons un vieux téléphérique fonctionnant pour une mine d’or dans les années 1904 à 1939. Elle était exploitée par les anglais. Les wagonnets partaient de la station 1 et montaient au sommet de la mine qui se situe à 4400 mètres en parcourant 9 stations au total ! Le parcours comprend 262 pylônes, 460 wagonnets qui circulaient à une vitesse de 26 km à l’heure. Puis ils redescendaient à la station 1 ou ils étaient pesés et remontaient à la station 2 ou ils bifurquaient pour la fonderie avec l’immense four que nous avons vu. Impressionnant ainsi que la couleur jaune de la rivière qui serpente au fond du canyon ! Nous poursuivons notre route jusqu’au superbe site historique de Quilmes. C’est une civilisation d’indiens d’environ 6000 personnes qui a habité ici dans les années 800. Ils ont construit des maisons au pied des montagnes pour se protéger des vents et des ennemis. Ces bâtisses sont enfoncées dans la terre et faites de murs épais de 0,70 à 3 mètres. La terre qu’ils sortaient remplissait l’espace des murs fait de pierres. Des constructions circulaires étaient utilisées par les femmes pour moudre les grains de mais comme en témoignent les moulins en pierre. Les murs des maisons leurs permettaient de se déplacer des unes aux autres tout en s’élevant car toutes ces constructions sont en terrasse et montent le long de la montagne. Nous pouvons voir deux postes d’observation de chaque côté de la montagne et tout en haut les dernières bâtisses. En 1200, les incas sont venus soumettre ce peuple afin qu’ils leur transmettent leurs savoirs et leur imposer une redevance sur leur agriculture ; puis ce fût l’arrivée des Espagnols. Ils ont résistés pendant 130 ans aux conquistadors ! Puis ils ont finalement été déportés à Buenos Aires pour y construire la ville… A Cafayate, nous avons deux routes à choix, nous optons finalement pour la route 68 qui nous fait découvrir la fantastique Quebrada de las Conchas. Nous allons d’émerveillement en émerveillement. Les couleurs des formations passent du vert au marron avec des endroits rouge, orange et jaune. Le spectacle est grandiose ! C’est rempli de ces superbes images que nous arrivons dans la jolie ville de Salta. Grand service du bus, changement des pneus et un peu de repos avant de poursuivre en direction du Chili…