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"Le vrai mystère du monde est le visible, non l'invisible."
5ème épisode, San Pedro de A. (Chili)–La Paz (Bolivie)

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Le jour de notre arrivée à San Pedro de Atacama, grâce à Grand-Maman « piplette », nous rencontrons Patrick et Corinne un couple de français qui voyagent avec leurs trois filles. Ils ont deux véhicules, un camion TP3 équipé et une Lang Cruise, ils sont en route depuis quasi une année. En papotant, nous partageons l’idée d’aller dans le désert du Sud Lipez (Bolivie). C’est trop austère pour y aller seul car il n’y a rien de rien, dans le cas d’un problème mécanique, seul, on serait très ennuyé, il serait donc plus prudent d’y aller ensemble. Pourquoi ne pas y aller demain ? C’est ainsi que, le bus rempli, nous reprenons le col Jama (que nous sommes descendu hier), mais dans l’autre sens… Trois heures en première sans un virage et nous arrivons, après 42 kilomètres, à la bifurcation pour la Bolivie… On est à 4610 mètres (San Pedro de Atacama se situe à 2400 mètres). C’est la fin du bitume et le début de la piste ! On aura fait 3 pays en deux jours… Argentine, Chili et Bolivie, incroyable ! A l’entrée du parc, on se renseigne sur l’état de la piste, est-ce possible de la faire avec notre bus qui n’est pas 4x4. Pas de problème nous répond-on ! On poursuit donc notre route jusqu’à l’entrée de la « reserva national de Fauna Andina, Eduardo Avaroa ». Les paysages sont à couper le souffle. On se dirait sur la planète mars, tout est rouge !  On contourne le majestueux volcan Licancabur et on passe à côté des Lagunas Blanca et Verde. C’est très désertique. Soudain des blocs posés au milieu de ce « nomanland ».  La piste est moyenne, ça souffle beaucoup et les températures sont bien fraîches. Les arrêts sont courts. 40 kilomètres plus tard, on se gare devant le Salar de Chalviri, à 4410 mètres d’altitude, il fait nuit, il est 19 heures et quelque. Une maisonnette nous permet de cuisiner et de manger tous ensemble. Avec nos amis français il semble qu’on se connaisse depuis bien plus longtemps qu’hier, c’est marrant ! A 22 heures l’électricité est coupée et tout le monde file se coucher. Il fait cru de cru, autour des – 15 ! Patrick qui a déjà fait de l’altitude sur des pistes recommande à François d’allumer le moteur toutes les 3 heures… diesel oblige malgré l’anti-congelant ajouté (le diesel est très sale et il n’est pas traité pour les températures basses, de plus  notre moteur souffre un peu du manque d’oxygène). A cinq heures, nous démarrons les moteurs et partons pour les geysers de Sol de Manana qui sont situés à 4905 mètres d’altitude. Nous sommes seuls, en fait ce ne sont pas vraiment des geysers car il n’y a pas d’eau qui jaillit mais de la vapeur. C’est quand même impressionnant ! Le soleil se lève; une vaste plaine est tout en fumée, nous passons à côté d’un grand jet de vapeur qui fait un bruit de locomotive… il y a des trous ou on peut voir l’eau qui bouillonne. Il fait un froid de canard ! On reprend la route en direction de la Laguna Colorada. On débouche au sommet d’une montée, en contre bas, une lagune rouge entourée de blanc. Quel spectacle incroyable ! Vraiment rouge-rouge. En fait ce sont les algues microscopiques dont se nourrissent les flamands roses qui donnent cette couleur à la lagune. On décide de continuer jusqu’à l’arbre de pierre. Tout de suite la piste est moins

bonne. Le bus refuse une montée, François contourne le problème mais on décide de s’arrêter là. Endommager le bus ici au milieu de rien serait un vrai désastre ! On se serre tous dans les véhicules de nos amis et on continue. Après une heure nous arrivons à destination. Des formations de roches sont plantées là au milieu du désert, dont une ressemble effectivement à un arbre.  Elles ont été érodées par les vents. De retour au bus, celui-ci refuse de démarrer. Patrick gicle un produit à l’éther au fond du filtre à air. Après de nombreux essais, il démarre enfin. On avance gentiment. On souhaitait s’arrêter à la Laguna Colorada pour aller se balader et s’approcher de ses blocs blancs mais on est trop tendu, plus vite on aura rejoint la bonne piste mieux on se portera… Le problème c’est qu’il n’a plus aucune puissance. Finalement nous arriverons sans encombre au Salar de Chalviri. Il serait imprudent de continuer de nuit, nous décidons de dormir ici. A nouveau on a fait démarrer les moteurs toutes les trois heures, réveil à l’appui… Le matin, une fois les jeeps de touristes parties, nous profitons des piscines naturelles thermales. Quel bonheur de se baigner dans cette eau à température parfaite, ni trop chaude, ni trop froide ! Nous sommes seuls ! Les enfants comme les grands s’en donnent à cœur joie ! De retour à San Pedro de Atacama, nous quittons nos amis qui continuent sur l’Argentine, nous nous reverrons, c’est certain. Nous prenons la route pour le nord du Chili. A Calama, nous voulions visiter la plus grande mine à ciel ouvert du monde, Chuquicamata. On en extrait le cuivre. En 1912 une famille américaine l’exploita. Puis elle fût rachetée par une société américaine en 1920. En 1971 le gouvernement Chilien la récupère. Un trou gigantesque de 4 kilomètres de diamètre pour un kilomètre de profondeur ! Malheureusement nous ne pourrons voir Chuquicamata âgée de 92 ans, son mirador a été mangé par l’avancement de la mine. Ils sont en train d’en reconstruire un, mais il n’est pas terminé. Nous verrons donc la mine du sud âgée de deux ans. Il y a encore un troisième site, la mina Chuqui située à 45 minutes au nord. L’ensemble de ces trois mines est géré par Codelco, elles fonctionnent 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 et emploient 20 000 ouvriers produisant la moitié du cuivre raffiné chilien, soit 1 300 000 tonne par an ! C’est ainsi que le pays est devenu le 1er producteur mondial de ce minerai, ce qui représente 50 % de ses exportations. Les blocs extraits  sont chargés sur de gigantesques camions japonais pouvant transporter jusqu’à 350 tonnes de matos et consommant 3 litres par minutes. Il y a deux sortes de cuivre, le cuivre oxydable qui se trouve en surface et qui nécessite 10 jours de transformation et le sulfate de cuivre qui se trouve entre 100 et 400 mètres dans la terre et qui nécessite 12 jours pour sa transformation. Les 153 000 tonnes par jour de minéral extrait contiennent un pour cent de cuivre !!! La visite est passionnante et on en ressort tous bouche bée. Noan a beaucoup aimé les gigantesques camions… La suite du notre parcours au Chili sera ponctué d’haltes chez les garagistes : problèmes mécaniques obligent ! En fait depuis le Sud Lipez, « Petit bus » à quelques soucis. Il refuse de démarrer le matin, une fois chaud plus de problème… On était allé chez le garagiste à San Pedro de Atacama, (pour lui c’était les bougies et le turbo) puis à Calama (ou on nous a changé les bougies de préchauffage), on nous a dit d’aller à Iquique pour les pièces de rechange et réviser le turbo), arrivés sur place : pas de pièces ; on nous a envoyé à Antofogasta, plus de 300 kilomètres ou sud ! A Antofogasta le bus est resté quatre jours au garage. Nous avons eu la chance de rencontré Rodriguo, un super personnage chez qui nous logons tous les quatre ! On nous a changé les injecteurs, re-calibré la pompe, vérifié le turbo et la pression du moteur. Bilan après tout ça : « Petit bus » allait un tout petit peu mieux, mais il fumait toujours affreusement et n’avait toujours pas de pêche ! C’est ainsi qu’on a quand même repris la route, maman repartant de La Paz le 21 juin… Dommage car ces problèmes mécaniques nous ont un peu pourri la vie. On ne savait jamais si le bus allait partir… mais je pense que ça fait partie de la vie de voyageurs motorisés… tous les gens qu’on a rencontré, que ce soit en bus, en jeep ou en camion on eu des soucis mécaniques. On a visité Arica au bord de la mer, puis on est remonté jusqu’à la frontière bolivienne en passant par Putre et en  traversant le magnifique parc national de Lauca. Nous nous arrêtons  à Parinacota et visitons sa petite église, elle date des années 1600, les fresques sont très bien conservées. Nous repartons en direction de la Laguna Chungara, un des lacs les plus hauts du monde, 4500 mètres. Le paysage, plus que l’altitude est à couper le souffle, magnifique lac émeraude, avec le volcan Parinacota qui a une forme parfaite, et tombe dans la laguna. Des vicunas et plein d’oiseaux, quelques flamands roses. Le décor parfait ! Nous reprenons la route et arrivons à la frontière. Le parcours du combattant démarre. 1ère étape, bureau pour les passeports, 2ème étape, bureau pour enregistrer les papiers du véhicule, 3ème étape, bureau pour mémoriser le numéro du véhicule, 4 ème étape, retour au deuxième bureau avec le document du numéro mémorisé, 5ème étape, enregistrer les papiers dans un cinquième bureau, 6ème étape, bureau ou on paye la taxe de 10 bolivianos pour entrer le véhicule, 7ème étape, retour au bureau d’enregistrement pour montrer la quittance, voilà la barrière se lève enfin ! Le petit parcours a pris deux heures… c’est un vrai jeu de patience ! Les paysages des altiplanos désertiques nous accompagneront jusqu’à La Paz. Mission accomplie, maman pourra s’envoler comme prévu le 21 juin. Quelle chance d’avoir pu partager un bout de voyage avec elle, à passé 70 ans, il fallait oser le faire ! Nous avons découvert ensemble le nord argentin, le nord chilien et la Bolivie. J’ai pu lui montrer des endroits ou nous étions passées, Suzette et moi à vélo en 2000. Deux mois intenses qui on vite passé pour moi, peut-être un peu moins vite pour François… (Passer deux mois avec sa belle-mère, y en a plein qui ne le ferait pas !). Je crois qu’elle a compris à travers ce périple pourquoi j’aime voyager et pourquoi je suis partie si souvent ! S’enrichir des précieuses expériences enseignées par la découverte, l’aventure, les rencontres, le partage mais surtout par les beautés que mère nature nous offre. Ne jamais savoir ou on va dormir, ce qu’on va trouver comme nourriture à acheter, comme genre de route, l’inconnu et l’imprévu… voilà ce qui me passionne dans les voyages.    

 

Publiée le : 03.09.2008 à 06:09:53
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